Quelques mots avec Françoise Dolto

paix_pour_paris.jpgQuand les temps sont difficiles, quand on ne sait comment les partager avec nos enfants, les mots de Françoise Dolto sont utiles pour sortir les enfants de la conspiration du silence dans laquelle nous croyons les protéger.

Nous sommes tous traumatisables par la mort mais surtout si on ne peut pas en parler. Tous les traumatismes affectifs et psychiques se guérissent quand on en parle. Quant au rituel qui accompagne la mort, rite privé ou rite social, il est un langage d’assistance dernière et d’adieu à la personne.

Ce qui perturbe c’est l’angoisse [...] Comment dissiper l’angoisse ? En tirant la situation au clair, en la recouvrant par des mots. Alors il n’y a plus de traumatisme grave. Il y a certes des difficultés mais l’enfant y fait face, par les paroles, lui aussi. L’essentiel est de garder la communicabilité et d’exprimer sa souffrance.

Pour n’importe quelle circonstance difficile, le mieux est toujours de mettre des mots véridiques sur l’épreuve.

Françoise Dolto, Les Chemins de l’éducation, pp. 269, 311, 312.

Voir aussi cet entretien avec Jean-Luc Aubert, psychologue, spécialiste de l’enfant et de l’adolescent, sur le site du Monde : Attentats à Paris : comment en parler aux enfants ?

Plus qu’à l’événement en lui-même, les enfants sont réceptifs à l’angoisse de leurs proches. La meilleure façon pour les parents d’aborder le sujet, c’est donc d’abord de gérer leurs propres angoisses. En étant vigilant à la présentation des faits, en évitant la mise en scène, la théâtralisation, la dramatisation…

Et cette vidéo de Serge Tisseron, diffusée en janvier 2015 :

Dans chaque famille, dans chaque foyer, les mots ne sont pas les mêmes, ils seront justes s’ils sont les nôtres. Dire notre légitime inquiétude tout en refusant de laisser s’installer la peur. Dire nos sentiments de parents, notre colère de citoyens, sans s’arrêter à l’émotion du flot des images. Rien de tout cela n’est facile mais nous ne pouvons les laisser dans notre silence quand ils vivent dans le bruit de l’information. Nous sommes les mieux placés pour leur parler.

Vous pouvez partager cet article en cliquant sur ce bouton : Partage